Flying time

Lorsque je suis partie de la maison, c’est la fille aînée qui m’a fait un signe de la main. Et j’étais fière que ce soit elle sur le parvis de cette maison, celle-là même où avant c’était mamie qui me faisait le signe de la main. 

J’ai pris des photos car je sais que je ne reviendrai pas, que cette maison partira dans d’autres mains, d’autres vies.

Je me suis demandée ce que faisait les gens qui n’ont pas de foi particulière, quels rites ils avaient pour les enterrements, s’ils mettaient le cercueil en terre et partaient boire un coup après, parce qu’on sait tous qu’on finit toujours par boire un coup, c’est ce que disait papy.

C’était drôle de revoir tous ces endroits, tous ces gens. Surtout de se dire qu’on a tous un souvenir particulier avec eux. Parce que sans bouger ils ont su consacrer du temps, de l’attention, un sourire, un rire, un baiser avec chacun de nous. 

Ils avaient des conventions, ils avaient leur pudeur, mais la seule ambition qu’ils avaient, c’était d’avoir une famille et que chacun de nous membre de leur famille avions cette place auprès d’eux. Il y avait le calendrier des anniversaires, et il y avait les photos.

On sait désormais que c’est fini, que l’on reverra certains mais pas d’autres, on ne connait pas l’avenir mais moi je sais qu’ils m’ont donné un avenir. Par leur bienveillance, leurs silences, leurs regards bleus qui disaient si tu es heureuse, nous sommes heureux.

Ils étaient deux, ils sont toujours à deux, ils seront toujours à deux.

Et quand je vois ceux qui se sont mis des barrières, ceux qui regrettent déjà une vie qu’ils ne se donnent pas la peine de s’offrir, ça me fait de la peine. Car dans leur petit milieu, leur petite vie comme on dit, ils ambitionnaient simplement d’être heureux, de jouer à des jeux et de boire un coup.

Quand j’ai vu ma sœur sur le fauteuil de papy et mon cousin sur la chaise de mamie à faire les mots mêlés de mamie qui étaient restés là, j’ai souri. Le bonheur est parfois si simple.

Je resterai toujours une petite fille, leur petite fille.

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Endless beauty

Ils se sont tant aimés, l’issue est belle autant qu’elle est triste.

Pour ses yeux bleus que j’ai revu une dernière fois, pour ces mots que tu m’as dit, que j’ai compris, ces mots que je t’ai dit où tu m’as dit merci.

Pour tout ça, je sais que cela finit bien, une semaine jour pour jour après son départ.

Je pleurerai quand même mais je sourirai de vous savoir ensemble comme les 70 dernières années.

J’ai eu le meilleur des papys.

Peu importe à ce que vous croyez, peu importe ce que je crois, soyez ensemble comme vous l’avez toujours été.

La vie est bleu.

Stupeur et sentiment

Je n’ai pas les mots, tout est encore emmêlé et peut-être que ça ne sera jamais très fluide.

Ce que je sais, ce que je ressens, je l’ai dit à celui qui est encore vivant, celui qui attend de rejoindre sa bien-aimée.

Le reste, c’est la famille, celle qu’on changera pas, celle qui est à côté de la plaque, sans une once de psychologie ni de sociabilité. Ou sinon c’est moi qui vit dans un autre monde, c’est surement ça.

Je suis en paix, je suis triste mais je suis en paix avec moi-même, ce que je ressens, ce que je suis. Et je le dis.

Et j’ai eu la meilleure des mamies.

La vie est rose.

Dreams are my reality

Tout est allé si vite. Poser ça ici va peut-être me faire atterrir ou juste visualiser le truc, THE thing. Voilà, je vais emménager avec le CCP. C’est dit mais je ne sais pas si je l’ai toujours intégré. J’en étais la dernière fois à devoir contacter des agences immobilières car le CCP malgré son statut professionnel précaire m’y encourageait. Je l’ai fait car je me suis dit que je n’avais rien à perdre à visiter des trucs. Donc on a visité une maison, oui une maison, même pas un appartement, une maison à un loyer presque abordable, une maison que je ne comptais pas du tout louer au vu des trois pauvres photos pourraves sur l’annonce et puis parce que je croyais que le CCP voulait avoir une situation professionnelle fixe pour louer avec moi. Et le CCP a eu le coup de foudre sur la maison. Et moi, j’avoue que j’ai beau avoir mis du coeur à l’ouvrage pour ne pas me laisser séduire par cette maison, j’ai lamentablement échoué quand je suis arrivée sur la terrasse avec cette vue, mamma mia, la meilleure vue du coin, le truc que t’aurais jamais espéré avoir un jour, le truc de malade. Alors oui j’ai loué une maison pour la vue et le calme et parce qu’à part 3 chambres et une surface correcte, je ne demandais pas plus par rapport à mon appartement actuel. Donc dans moins de 3 semaines je déménage. Et ce qui est drôle (enfin drôle je me comprends) c’est que j’ai déménagé il y a tout juste un an. Outre le fait que je n’ai pas la moindre envie de faire des cartons, je suis dans une bizarre humeur d’excitation et de stress. Stress, parce que le loyer est un peu plus élevé, que je me pose des questions si mon mécène national à savoir la CAF va continuer à être aussi généreux avec moi. Du côté des enfants, je ne suis pas trop inquiète, ils sont super contents et super excités. Du côté du CCP, il est comme eux, super content et super excité, mais forcément lui n’a quasiment pas de cartons à faire ni de démarches administratives. Et du coup, je me demande si je suis une grosse rabat-joie et si je suis la seule à être consciente du truc. Les enfants, forcément non, n’en sont pas conscients, ils sont trop jeunes. Le CCP, lui, tout à sa joie d’emménager avec moi (mais comment peut-on réellement espérer ça ?) (chut la rabat-joie), ne me donne pas l’impression d’être conscient de la difficulté de vivre en couple, de vivre aussi en famille recomposée. Forcément, moi, ayant vécu une expérience qui s’est finie en eau de boudin colorée de menstruations de baleineau cancéreux, j’amplifie peut-être la chose. Oui, je suis contente d’emménager avec le CCP, mais j’ai peur que ça soit difficile parfois et forcément ça le sera forcément, et j’ai peur de ce qui peut arriver et surtout de ce qui peut arriver aux enfants. Moi, c’est pas grave, moi j’y arriverai. Alors peut-être que si j’y arriverai, les enfants y arriveront et qu’ils seront heureux. En fait, c’est ça, je veux que mes enfants soient heureux et j’espère que mon bonheur suffira à les garder heureux comme ils le sont maintenant. Je les aime ces deux petits scrogneugneux bordel.

Et même si on a beaucoup de valeurs en commun avec le CCP, il va forcément falloir un temps d’adaptation pour lui, pour s’adapter à la vie avec des enfants, qui même si il les apprécie beaucoup, ne sont pas les siens. Et si ça se trouve, ça se passera bien. Je ne sais pas, je ne sais pas si je vais arriver à gérer les prochaines semaines tellement j’ai de trucs à faire.

Bordel, la vie c’est compliqué.

Rogning nails

Bon, en guise de lâcher prise, je suis complètement à la ramasse. Je ne sais pas si c’est du au fait que je suis dépendante de mes hormones menstruelles pour la première fois depuis 6 ans ou si je crois que c’est du au fait que je sois dépendante de mes hormones menstruelles et que je déteste ça, je suis d’une angoisse totale. Je suis l’angoisse totale personnifiée. Ce qui m’a valu une magnifique crise de tétanie aujourd’hui, il ne manquait plus que ça. Genre ce corps déjà pas bien vaillant qui se met à faire n’importe quoi, comme d’hab en fait. M’en fous, si j’y pense demain, je vais acheter du magnésium, du fer et je ne sais quoi d’autre qui lui mettra sa race à cette chute de tension. Si j’y pense aussi, il faudrait que je fasse le point sur les dépenses que je suis censée mettre en commun avec l’Edex, que je mette à jour mon dossier famille auprès de la mairie et que j’appelle des agences immobilières.

Le CCP n’a pas eu son CDI. Il a pétouillé son câble tout seul en mode de toute façon je règle mes affaires tout seul, ma vie c’est de la merde alors je veux rester tout seul. Très sympa. Bon, évidemment, il est revenu très vite, so charming avec une bonne bouteille de vin, cet homme là a tout compris en psychologie féminine. C’est là que j’ai compris qu’il projetait vraiment de s’installer avec moi et qu’il était très déçu de ne pouvoir s’assurer un revenu stable et régulier comme un homme digne de ce nom. D’un côté c’est très mignon et très responsable, d’un autre côté si je l’avais choisi sur ce critère, ça se saurait. Néanmoins, il a direct repostulé pour un autre truc, il est vraiment motivé. Et moi de mon côté, ça fait des mois qu’il me dit que je suis pas pressée de déménager, et il continue à le dire et d’un autre côté, il m’encourage à fond à faire des visites. Et pour moi, ça fait deux infos contradictoires et puis ça fait cogiter et puis ça fait peur. Et puis, j’ai pas les enfants cette semaine de vacances alors quand je les ai pas, j’angoisse encore plus. Et puis ma mamie va pas beaucoup mieux, alors j’angoisse aussi. Et puis, je vois le prix des loyers et je sur-angoisse, je réfléchis au fait que je sois quart-propriétaire coincée et comment je vais me sortir de cette situation mais ça ne sera quand dans deux ans minimum et ô mon dieu, ce temps aussi long m’angoisse. Avant, j’avais des certitudes certainement bercées d’illusion, l’histoire nous l’a confirmé mais j’avais quand même des certitudes. Là, j’en ai plus et c’est plutôt compliqué à supporter pour mon petit cerveau tout mou.

Et dans 5 jours, je suis censée avoir mes premières règles depuis la nuit des temps, ou pas si la poisse continue de s’abattre sur moi. Donc bien entendu, comme dans tout déni qui se respecte, je ne possède pas l’ombre d’un tampon ni d’une quelconque protection à part une cup vieille de plus de 8 ans dont je n’ai aucune idée de son emplacement. Et ça, ça craint.

Inside doom

Je suis en mode n’importe quoi, aucune organisation, je gère au quotidien ce qui me tombe dessus et des fois je fais n’importe quoi.

D’ailleurs cet article sera complètement décousu à l’instar de la façon dont je gère ma vie actuellement. J’ai pas mal bu hier soir et c’était cool j’en avais vraiment besoin. Le CCP suit, je lui ai avoué que nous avions profité des plaisirs de la chair alors que je n’étais pas au maximum de ma protection contraceptive. Comme il sait que j’assumerai entièrement les conséquences si il y en a, ça a eu le mérite de valider que nous étions sur la même longueur d’onde niveau reproduction. Et il a découvert que j’étais capable de ne pas tout dire avec un mauvais exemple certes mais je suis capable de garder des choses pour moi. Surtout au niveau médical en fait. En tout cas ça ne l’a pas du tout fait flippé et c’était cool.

Ah oui et s’il obtient un CDI, on va habiter ensemble, il m’a annoncé ça comme ça genre l’air de rien, bien sûr j’ai sauté au plafond intérieurement, et ça j’avoue que ça me fait un peu flippé maintenant que ça se rapproche ou en tout cas que c’est annoncé. Pour tout dire, je l’ai même annoncé à ma mère et elle s’en fout c’est génial.

Il faudrait juste que mes grand-parents aillent mieux et que je retrouve un peu d’énergie pour agir plutôt que colmater ma vie.

Et que les gens, ces fameux gens, arrêtent de croire que le CCP a ou aura forcément des envies de reproduction. On est bien en petite famille recomposée, ne peut-on envisager de rester comme ça hein.

Sinon ça va, je lâche un peu prise c’est bien aussi.

Psytired

Je suis fatiguée très fatiguée. Je dors, certainement mal. La fatigue est clairement plus psychologique que physique. C’est un mécanisme de défense de mon organisme qui n’a plus envie de s’énerver ou d’agir.

Je n’ai pas vu le CCP depuis 4 jours, ça doit y faire et en plus la dernière fois où je l’ai vu j’étais complètement bourrée. Donc ça compte pas. Donc en fait je crois que je l’ai pas vu depuis une semaine quand on a fêté nos un an de relation. Oui j’ai fêté mes un an de relation. En fait, on avait fait un pub en tête à tête un peu avant et j’étais encore dans une humeur un peu chafouine. Il a essayé de me tirer les vers du nez pour savoir si tout allait bien dans notre relation. J’ai réussi à lui dire que c’était soulant de ne pas savoir quand on allait se voir et surtout de me planter au dernier moment parce qu’il était trop fatigué. Il en prend compte, il progresse même si c’est pas toujours ça encore. Je ne lui ai pas dit que je me questionnais sur le fait qu’il ne me présente pas sa famille car cette interrogation me traverse régulièrement l’esprit sans vraiment l’occuper puisque honnêtement j’ai autre chose à faire. Du coup, comme j’étais mal à l’aise de discuter des méandres de mon cerveau, j’ai dit que j’aimerais bien qu’on fête nos un an. Il m’a dit OK même si c’est pas son truc. N’empêche qu’il a fait au moins 5 boulangeries pour trouver le gâteau et qu’il m’a offert un énorme bouquet de roses rouges c’était trop mignon. 

Puis la vie a repris son cours. Les parents du boulot m’ont gonflé à tous se plaindre d’être pas assez payé et que les logements soient trop chers. WTF. J’ai fini par lâcher à deux familles que moi je gagnais 1200€ par mois et que je payais 880€ de loyer non sponsorisé par mon employeur. Alors que eux leur employeur qu’on ne nommera pas les aide pour tout et notamment leur fournit des logements à tarif réduit. Et que de plus, j’ai accès aux revenus des familles et je sais que n’importe quel sous fifre gagne plus que moi sans compter les primes de mission, de nombre d’enfants, de taille de Kiki et j’en passe. Bref, ça, ça me gonfle.

Puis la grande est revenue de l’école et sa nouvelle maîtresse ne trouve rien de mieux que de mettre des points rouges quand le cahier de liaison n’est pas signé. Sauf que son père ne signe pas le dit cahier. Et la grande n’ose pas lui dire car c’est pas le truc de son père. Mais elle n’aime pas non plus se faire remarquer par la maîtresse. Donc ça et certainement d’autres choses, elle m’a fait une crise de pleurs juste avant de partir chez son père sans pouvoir m’expliquer les raisons. Du coup j’ai pleuré aussi. Et là elle est partie et je suis contrariée. Elle est encore une petite fille qui trouve que son père est génial et se retrouve dans un conflit interne qui lui montre des faits sur le jemenfoutisme de son père sur certains sujets. Alors elle angoisse et moi aussi. Et moi je ne veux pas lui demander de murir trop tôt et d’oser dire que les temps d’école, elle serait mieux chez moi. Et peut-être que son père changera un peu un jour. Ou pas. C’est nul la garde alternée. De mon point de vue.